Pewds Review 👏👏 Pewds Review 👏👏 Pewds Review.

Pewdiepie est fascinant. Pewdiepie est terrible. Pewdiepie est raciste. Pewdiepie est magnanime. Pewdiepie est néolibéral. Pewdiepie est marxiste. Mais surtout, Pewdiepie est complexe. Et c’est cette complexité qui attire le regard du chercheur ou de la chercheuse.

Je suis Pewdiepie avec assiduité depuis maintenant 4 ans. Du moins, je suis abonné à sa chaîne depuis ce temps-là. C’est depuis 2016 surtout qu’il est devenu pour moi une source intarissable de réflexions sur YouTube. En effet à côté de mes recherches sur le jeu vidéo, je m’intéresse beaucoup à ce site internet en tant que système social complexe. Dans ce court billet de blog qui pourrait un jour aboutir à une véritable recherche, je souhaite proposer une vision personnelle et partielle de Pewdiepie en tant que phénomène médiatique. En ce sens, je vais tenter de limiter mon discours au personnage que j’observe sans prétendre comprendre par la même occasion la personnalité de son auteur : Felix Kjellberg. Dans un premier temps, je constate la transition qu’il effectue entre vidéos de gameplay et vidéos personnelles. Dans un deuxième temps, j’aborde certaines productions de Pewds sous l’angle de la science populaire. Enfin, j’aborde les discours populistes récurrents dans ses production.

J’espère qu’à l’issue de ce travail, Felix Kjellberg, Pewdiepie et leurs productions apparaitront différemment, sans pour autant l’excuser de ses écarts de conduite.

YouTube comme journal intime

Pewdiepie et ses dorénavant 60 millions d’abonnés offrent alors un contexte, un corpus et un objet de recherche particulièrement riche. En termes de contenus déjà, je suppose qu’il doit faite partie des artistes ayant le plus produit dans le monde. Il est un véritable produit de l’art à l’heure de sa reproductibilité technique (Benjamin, 1936). D’abord spécialisé dans la réalisation de vidéos de gameplay commentées : Let’s Play et walkthrough, il prit le chemin des vidéos « tranche de vie » sur YouTube. Pourtant, comment ne pas s’interroger sur cette trajectoire ? En 2015, je réalisais une vidéo sur Squeezie. Celui-ci n’a pas fondamentalement changé depuis. Markiplier, Jacksecpticeye sont plus ou moins restés fidèles à leur contenus originels. Pewds, en revanche, décida de totalement virer de bord sous prétexte que jouer à des jeux vidéo était une activité qui ne le satisfaisait plus (Pewdiepie, 2017a). Des prémisses de cette conscientisation de son changement pouvait déjà être observées en 2016 lorsque dans une vidéo, il explique les changements de sa chaîne. D’ailleurs, il est intéressant de noter qu’entre 2016 et aujourd’hui, Pewds commença à se référer à lui-même pour expliquer ses changements en créant des distinctions chronologiques (Pewdiepie, 2016a) :  Pewds2014 est différent de Pewds2015 qui est différent de Pewds2016 et ainsi de suite.

A l’instar des idées de certains auteurs comme Rémi Hess sur les mouvements diaristes, Pewdiepie utilise la vidéo, et par extension YouTube, comme un journal intime dans lequel il exprime, partage des opinions et des émotions. C’est en ce sens que je le trouve passionnant : au fil des années, Pewds a adopté une posture réflexive sur sa propre condition de « youtuber le plus populaire de la plateforme » mais aussi sur ses comportements et les comportements qu’il observe sur la plateforme. Le tout devient une espèce d’œuvre méta sur YouTube et les youtubers.

Au fil du temps, une certaine posture nihiliste s’est affirmée chez ce personnage. Je soutiens l’idée que Pewds rejette l’existence d’un sens pertinent aux actions des créateurs de contenus. La fin d’année 2017 et janvier 2018 nous permettent aussi de constater qu’il est devenu particulièrement critique vis-à-vis de l’idée « d’originalité », rejetant celle-ci sur la plateforme. Fin janvier, il réalise une vidéo faisant référence à un autre vidéaste, Jacksfilms, qu’il intitule : « stealing my content » (2018a). Après déconstruction et réponse de l’intéressé (Jacksfilms, 2018), il apparait qu’il s’agit d’une blague entre les deux vidéastes qui s’est autoalimentée. Le public, de Pewds n’ayant pas compris cela, obligea Jacksfilms à répondre (2018c). Cette anecdote est aussi révélatrice des déconvenues régulières de Felix Kjellberg et de sa relation plus ou moins toxique avec son public. EN 2017, des comportements racistes qu’il tint l’obligèrent à présenter des excuses (2017c). Enfin, j’ai observé cette critique de « l’original content » fin 2017 avec le lancement de sa série « meme review » qu’il définit comme la meilleure série de reviews de mèmes observables sur YouTube (2017d).

De manière générale, Pewds se montre dithyrambique et certaines de ses vidéos sont émotionnellement très fortes à l’instar de sa vidéo « is YouTube worth it » (2018b) dans laquelle il conclut avec son brofist, marque emblématique de sa chaine souvent accompagné d’un « stay awsome bros, I know you will ». Une interprétation de cette action pourrait être une illustration de sa volonté de renouer avec son public originel, sujet déjà évoqué sur sa chaîne notamment lorsqu’il décide de remettre des petits trophées à ses tous premiers abonnés. Une autre interprétation de la disparition de ce symbole pourrait être la perte de confiance de Pewds avec son public. Si ces deux propositions ne restent que des hypothèses personnelles, elles me semblent légitimes à la vue des contenus vidéo qu’il produit.

Expérimentations sociales et rejet de YouTube

Cette prise de conscience de ce qu’est YouTube, réduit à un ensemble d’algorithmes, est aussi l’occasion pour Felix Kjellberg de se moquer du site et de sa stupidité algorithmique. Je retiens trois vidéos à ce sujet. Il lance une première expérimentation en 2016 en créant une chaine secondaire qu’il intitule « jacksepticeye 2 » en référence à son amitié avérée de cette époque avec le vidéaste éponyme (2016b). La même année, il réalise une vidéo avec Jacksepticeye intitulée : « bottleflip challenge » (2016c) dans laquelle il lui remet le trophée « 1 million d’abonnés » en fin de vidéo. Dans un canular qu’il organise fin 2016 évoque la suppression de sa chaîne (2016d) une fois les 50 millions d’abonné·e·s atteint. Il finit par supprimer la chaine « Jacksepticeye 2 » (2016e). Ce qui est extraordinaire, c’est que ces vidéos se concentrent autour du mois de décembre 2016. En parallèle, il réalise deux vidéos : « can this video hit 1 million Likes ? » (10 décembre, 2016f) et « can this video hit 1 million dislikes ? » (2016g). Les vidéos, particulièrement intéressantes, montrent une personne critiquant ouvertement le système YouTube de valorisation de contenus. Au passage, il critique aussi les vidéastes demandant à leur audience de « liker la vidéo » avant d’avoir regardé, notamment en « créant » de faux challenges : « essayons de dépasser ensemble le nombre de likes de la vidéo précédentes ». Fait remarquable, Squeezie réalise dans la foulée une vidéo sur la même thématique (2016h) sur le même sujet en faisant explicitement référence à Pewdiepie.

Ces quelques exemples constatent la démarche d’expérimentation sociale dans laquelle s’inscrit Felix Kjellberg avec sa chaîne en proposant une forme de science populaire, critiquables par de nombreux aspects mais qui permettent aussi aux scientifiques de constater certains phénomènes : échange entre un leader d’opinion et sa communauté, taux de conversion en comportements effectifs de la part des viewers, etc.

Les discours populistes chez Pewds et Felix Kjellberg

Pewdiepie semble être particulièrement populiste à propos de la culture. Dans ses productions, on retrouve régulièrement des critiques de certaines communautés organisés autour d’un objet cuturel. En 2017, il titrait l’une de ses vidéo : « warning : only intelligent people can watch this » (2017b). il s’agit ici d’une critique des propos tenus par une part minoritaire de l’audience du show « Rick And Morty ». On retrouve une critique relativement typique, orthodoxe, des formes d’élitismes culturels. Il inscrit aussi certains de ses propos dans une certaine tradition conservatrice parfois proche de l’AltRight étasunienne. En témoigne une vidéo dans laquelle il s’amuse à dessiner « Pépé The Frog », un même devenu un symbole raciste d’abord sur 4Chan puis repris dans des communautés francophones dont une minorité des forums JVC (2017e). D’ailleurs, Felix Kjellberg propose une représentation dithyrambique de lui pendant les élections étasuniennes en tenant des propos dont il est difficile d’observer un second niveau communicationnel qui serait cynique ou simplement critique. Malgré une vidéo vlog dans laquelle il met feu à un mannequin à l’effigie de Trump (2016j), il n’en reste pas moins qu’il a instrumentalisé le candidat dans un possible but de renforcer l’un de ses cœurs de cible, à savoir des jeunes blancs cisgenres hétérosexuels.

Par ailleurs, sa critique du système YouTube s’étend aussi aux médias en général. Il se définit en guerre avec ces derniers qu’il accuse régulièrement dans ses vidéos. En soit, on reste dans des discours typiques (1) provenant de l’altright et (2) provenant de groupes sociaux conspirationnistes. Dans une vidéo publiée début janvier 2017, il accuse clairement les médias d’être « stupides » (2017f). Il est intéressant de noter alors la façon dont il titre les vidéos dans lesquelles il explique sa propre version des fait comme c’est le cas ici ou dans lesquelles il présente ses excuses comme ce fut le cas fin 2017 lorsque dans un livestream il utilisa le mot « nig**r » (2017g).

De cela je retiens deux constats. Premièrement, à l’instar de personnalités ambiguës (présentant des comportements conservateurs et oppressifs) comme Dieudonné en France, Felix Kjellberg s’adresse directement à son public afin de proposer sa version des faits. Parfois dans le but de renforcer une opinion, parfois pour exprimer un regret par rapport à un comportement toxique. On est alors dans une configuration typique de formes communautaristes dans lesquelles un « dirigeant » demande à son audience de rejetter tout messages provenant de l’extérieur. Ce comportement est toxique et nocif. En ce sens, il ne nous est pas possible de considérer les contenus de Felix comme dénués de représentations oppressives, toxiques, misogynes. Dans tous les cas, l’ambivalence de Felix Kjellberg rend difficile la diffusion de discours progressistes qu’il propose aussi régulièrement. Secondement, avec ce type de discours puis des divers rétropédalages effectués, Pewdiepie illustre à mon sens la complexité et les incohérences qui sont présentes chez de nombreuses personnes indépendamment de leur appartenance politique. La nocivité des discours portés par Felix Kjellberg est aussi imputable à son nombre d’abonnés qui rend la chose bien plus visible.

Pour conclure

Felix Kjellberg, Pewdiepie, est Truman. Celui du Truman Show. En prenant la trajectoire du vlog, Pewds documente sa vie, une vie humaine. J’ai l’impression d’observer une œuvre, un documentaire en permanente évolution et comprenant de nombreux messages contradictoires. Tantôt incarnant la lie de l’humanité, tantôt incarnant un chevalier luttant contre les GAFA, Pewdiepie est incohérent, comme tout être humain.

On a parfois l’impression de voir quelqu’un de progressiste et parfois l’impression de voir une personne qui n’a pas encore démarré un processus de déconstruction. Ce billet n’a pas pour objectif de le défendre mais force est de constater que la valeur documentaire de sa chaîne YouTube intrigue et interroge. Est-elle-même pertinente ? Dans tous les cas, la logique même du site rend l’œuvre parcellaire et incomplète, je m’interroge alors beaucoup sur la façon dont son audience se projette en Felix, pensant le connaitre. En tout cas, il est sûr que ma lecture doit comprendre une part de projection et peut-être que je l’excuse un peu trop facilement sur certains aspects car je me sens non-concerné. Chose que je souhaiterais corriger si le ou la lectrice observe ou note cela dans ce texte.

Au-delà de sa complexité, ce que je retiens et apprécie le plus sont justement ces incohérences et parfois les expériences sociales qu’il propose. Le nihilisme que j’observe dans ses propos est aussi quelque chose que j’aimerais explorer plus longuement. ■

Esteban Grine, 2017.

 

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Vidéographie

jacksfilms. I’m super sorry, Pewdiepie fans. (YOUR GRAMMAR SUCKS #115). Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=lXOf_eILyjg.

PewDiePie. BOTTLEFLIP CHALLENGE! Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=lyl6ibqnyis.

———. Can this video get 1 million dislikes? Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=wx9Jv5uxfac.

———. Can this video hit 1 million likes? Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=hHR9aM494rs.

———. DELETING MY CHANNEL. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=Y39LE5ZoKjw.

———. DELETING MY CHANNEL AT 50 MILLION. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=6-_4Uoo_7Y4.

———. HUGE UPDATE: MY NEW 2ND CHANNEL! Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=WTr5BQdIdbk.

———. In my defense.. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=9Jd1bHVYV2M.

———. My Response. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=cLdxuaxaQwc.

———. My Response. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=cLdxuaxaQwc.

———. OLD VS. NEW PEWDIEPIE! (Fridays With PewDiePie – Part 111). Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=X4dAPKYPhDQ.

———. ON ME VOLE MON CONTENU. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=H_Slw4xSJNo.

———. PLEASE BUY THIS! Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=NrWjXyGJzoI.

———. REACTING TO TRUMP BECOMING PRESIDENT! [10/22]. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=acyyWic-6JU.

———. Stolen Bike Meme [MEME REVIEW] 👏 👏 #1. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=-KE8v44VS_k.

———. THE RUBY PLAYBUTTON / YouTube 50 Mil Sub Reward Unbox. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=7Vj5M0qKh8g.

———. WARNING : ONLY INTELLEGENT PEOPLE CAN WATCH THIS. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=s26JfwmlIKc.

———. WHY I DON’T PLAY VIDEO GAMES ANYMORE.. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=osPKCm7jmeQ.

SQUEEZIE. JE SUPPRIME MA CHAÎNE SI TU LIKES PAS. Consulté le 26 janvier 2018. https://www.youtube.com/watch?v=YKsW6DSWMNg.

 

 

 

Vidéo, poésie et jeux vidéo

Ce billet est un complément à un futur article à paraître à la suite d’un colloque auquel je participe.

Vidéo, poésie et jeux vidéo

L’une des ouvertures que je fais dans mon article sur les vidéastes francophones se consacrant au jeu vidéo est l’une des évolutions que je nomme bêtement : « la vidéo poétique sur le jeu vidéo ». Je définis cette dernière comme une vidéo présentant un éthos particulier et dont la caractéristique centrale est que des moments de gameplay sont considérés comme de la matière plastique. Le ou la vidéaste joue alors avec cette matière dans l’objectif de susciter certaines émotions chez son audience observatrice. Jusque-là, rien de nouveau, ou du moins, rien de distinguable par rapport à d’autres vidéos tenant des discours sur les jeux vidéo. C’est pourquoi j’ajoute à cela une caractéristique lyrique directement identifiable et reconnaissable aux paroles tenues par le ou la vidéaste. Ce n’est donc plus simplement un discours pour convaincre mais aussi un discours « pour parler », « pour le plaisir de parler ». Il s’agit donc à mon sens de formes textuelles proches de la poésie en vers ou en prose voire même d’autres formes poétiques : rap, slam, etc.

C’est véritablement pour moi une piste de réflexion très intéressante que je vais poursuivre. Pouvons-nous parler de discours lyrique sur le jeu vidéo ? Je pense, après quelques recherches que j’ai effectuées, que l’on pourrait considérer 2017 comme une année charnière. La scène francophone des vidéastes semblent aujourd’hui mature pour tester de nouvelles expérimentations vidéo et vidéoludiques. Alors, bien sûr, je pourrais évoquer les vidéos de rap à propos de Call Of Duty et il faudra probablement que je m’y consacre un jour mais disons que je fais l’hypothèse dans ce billet que jamais auparavant il n’y a eu autant de discours métatextuels, métacommunicationnels à propos du jeu vidéo dans les vidéos parlant de jeu vidéo ou dans les vidéos parlant d’autre chose mais avec le vocabulaire et un discours au premier degré sur les jeux vidéo.

Avec cette année qui se termine, il y a deux auteurs que je vais retenir et qui je pense, ont ouvert cette voie en 2017. Pier-re a toujours proposé des formats expérimentaux mais sa vidéo « Un vide — pensées de mes idéaux » (qui joue d’ailleurs déjà très bien sur le double sens avec son trait d’union ici écrit en tiret) fait partie des premiers, je crois, « slams vidéoludiques » (à défaut d’un autre terme plus approprié). La seconde, plus personnelle est celle du créateur Pierre Olbius qui partage un texte à propos de la dépression et qui est mis en récit, mêlant informations hyper objectives (heures précises énoncées à la voix), alternances de rythmes par la musique (suscitant l’immergence et l’émergence pour assurer une posture réflexive chez l’audience), fin brutale, images oppressives/apaisantes. Je pense que nous pourrions aussi remonter plus tôt cette année, notamment avec le texte de Tifor pour les « madeleines vidéoludiques », mis en forme par ce dernier et lu par Damastès. Je fais avec ces trois exemples le constat que certains vidéastes, aujourd’hui, veulent « esthétiser » leurs productions vidéo, leur discours et le reste. C’est pour moi annonciateur de la légitimation totale du jeu vidéo. L’une des pistes que je veux maintenant exploiter, si j’ai le temps, est donc la suivante : j’observe un transfert d’intérêt des créateur.ice.s présent.e.s sur les plateformes vidéos. Auparavant, la vidéo servait un propos sur le jeu vidéo, je constate que l’inverse est très facilement observable aujourd’hui et cela mérite d’y attacher de l’importance puisque dans ce dernier cas, le jeu vidéo est implicitement considéré comme légitime. ■

Esteban Grine, 2017.